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autorité de l'Église, les Templiers remplirent, en habits séculiers, les devoirs qu'ils s'étaient prescrits. Années d'épreuve, au cours desquelles ils vécurent uniquement d'aumônes, et avec rigueur observant l'engagement qu'ils avaient pris, vis-à-vis les uns des autres, de toujours accepter le combat, fût-ce un contre trois.
Leur pauvreté leur fait, d'autre part, une obligation de monter à deux sur un seul cheval, faute d'autant de montures qu'ils sont d'hommes, ou pour épargner celles dont ils disposent.
Les sceaux les plus anciens de l'Ordre l'attestent, qui représentent un couple de chevaliers, la lance en arrêt, poussant leur unique cheval au galop contre l'adversaire. Ce sceau prit, par la suite, le nom de boule. Il était coulé en argent et en plomb (cf. Lavocat, Procès des Frères et de l'Ordre du Temple) et portait cette inscription : Sigium militum Christi.

En 1118, Hugues ayant obtenu l'assentiment du patriarche de Jérusalem, et du roi de cette même ville, Baudouin II, réussit à grouper autour de lui huit chevaliers, parmi lesquels Geoffroi de Saint-Omer et. Payens de Montdidier.

Cette association n'eût tout d'abord qu'un caractère absolument privé. Sans règle spéciale, sans aucun signe distinctif, l'Ordre naissant n'aurait fait aucune recrue, durant les dix premières années. Il est à peine besoin d'ajouter que ces neuf chevaliers De pouvaient suffire à protéger les pèlerins qui débarquaient sans cesse à Jaffa ou à Saint-Jean-D’acre.

Le roi de Jérusalem avait cependant jugé cette généreuse entreprise si nécessaire, qu'il leur avait accordé pour demeure une partie de son propre palais, le Temple Salomon ; c'est ainsi que ces chevaliers furent amenés à prendre le nom de chevaliers du Temple Salomon.

Dès le début, ce premier noyau du Temple se serait astreint à une vie moitié religieuse et moitié militaire. Avec les trois vœux ordinaires de la vie monastique « humilité, pauvreté, chasteté » Hugues et ses compagnons s'attachèrent à vivre, en se conformant à la règle de Saint Augustin, du moins jusqu'au concile de Troyes (1128) qui fait époque dans l'histoire de l'Ordre.

Malheureusement pour eux, Baudouin II fut fait prisonnier par les Turcs en 1123. Ce ne fut qu'après sa délivrance qu'il put s'occuper efficacement de la cause du Temple, et qu'il chercha à obtenir l'approbation du pape pour un Ordre si utile et si nécessaire.

 

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